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Les Zones Touristiques au Maroc

Le Maroc est un pays d'Afrique, situé dans l'ouest du Maghreb et donnant sur l'océan Atlantique.

LES DONNEES ESSENTIELLES

Le territoire marocain est constitué de vastes plaines et des plus hautes montagnes de l'Afrique du Nord, notamment le Haut-Atlas qui culmine à 4 165 m d'altitude dans le djebel Toubkal.

La société marocaine est caractérisée par une forte émigration : environ 1,8 million de Marocains vivent à l'étranger, notamment en France (575 000), en Italie (200 000) et en Belgique (120 000).

Maroc

NomRoyaume du Maroc
Population33 241 259 habitants en 2006
CapitaleRabat (1 622 860 habitants) ; agglomération (1 758 613 habitants)
Superficie453 730 km2
Découpage administratif16 régions économiques subdivisées en provinces et en préfectures urbaines
Villes principalesCasablanca (2 933 684 habitants)
Rabat (1 622 860 habitants)
Fès (946 815 habitants)
Marrakech (823 154 habitants)
Tanger (669 685 habitants)
Monnaiedirham
Langue officiellearabe

UN APERÇU HISTORIQUE

L'histoire du Maroc est d'abord marquée, du viie siècle avant J.-C. au vie siècle après J.-C., par les invasions successives des Phéniciens, des Romains et des Byzantins. La conquête des Arabo-musulmans débute au viiie siècle. Les premières dynasties musulmanes apparaissent : elles vont régner sur le Maroc jusqu'au xviiie siècle.

Les principales puissances européennes (Espagne, France et Royaume-Uni) occupent le Maroc à partir de 1860. Le pays est finalement placé sous l'autorité de la France en 1912 : c'est le protectorat français. Le pays obtient son indépendance en 1956. À partir de 1979 apparaît la question du Sahara-Occidental, ancienne province espagnole revendiquée et occupée par le Maroc.

Maroc, en arabe Al Maghrib, pays du Maghreb. Sa capitale est Rabat.

Le Maroc est bordé au nord par la mer Méditerranée, à l’ouest par l’océan Atlantique, au sud par la Mauritanie au-delà du Sahara-Occidental et à l’est par l’Algérie. Les frontières marocaines dans le désert du Sahara ne sont pas clairement définies : depuis 1979, le Maroc occupe la région méridionale du Sahara-Occidental (ancien Sahara espagnol), un territoire qu’il revendique et qu’il occupe en dépit de la condamnation de l’Organisation des Nations unies. La question du Sahara-Occidental envenime les rapports entre la monarchie marocaine et la République algérienne voisine ; elle contribue, en revanche, à maintenir une forte cohésion nationale.

Héritées de la colonisation espagnole d’une partie du pays, les enclaves de Ceuta et de Melilla se découpent sur le littoral méditerranéen du Maroc.

Milieu naturel

Relief

Le pays couvre une superficie totale de 706 550 km2, parmi lesquels le Sahara-Occidental représente 266 779 km2. C’est au Maroc que l’on trouve les plaines les plus vastes et les montagnes les plus hautes de l’Afrique du Nord. Le relief du pays est marqué par quatre grands systèmes : le Rif, le Moyen-Atlas, le Haut-Atlas et l’Anti-Atlas.

Les rivages méditerranéens sont dominés par le Rif, une chaîne montagneuse peu élevée, 1 000 m en moyenne, mais 2 450 m au djebel Tidirhine, qui se relève d’est en ouest. Au sud, une dépression, la trouée de Taza, sépare le Rif d’une chaîne plissée, le Moyen-Atlas, qui dépasse 3 000 m, tandis qu’un plateau central réalise la transition avec de riches plaines côtières qui sont autant de foyers de peuplement. On y rencontre à l’ouest des reliefs karstiques avec des dolines qui forment parfois des lacs. L’ancienne activité volcanique a donné naissance à des lacs de cratères comme le Sidi Ali.

Le Haut-Atlas, qui s’étend également en Algérie, culmine à 4 165 m dans le djebel Toubkal, au sud de Marrakech ; il succède au Moyen-Atlas selon un alignement nord-est sud-ouest et se prolonge jusqu’à l’Atlantique, où il se raccorde à l’Anti-Atlas, la plus méridionale des chaînes de montagnes marocaines, par le massif d’origine volcanique du djebel Siroua (3 300 m). Cette dorsale accidentée, constituée par des montagnes jeunes, sépare les plateaux et les plaines vertes et fertiles du Sahara aux oueds asséchés et aux terres arides.

Hydrographie

Bien arrosé, avec des neiges persistantes sur les plus hauts sommets, l’Atlas donne naissance à de nombreuses rivières dont l’eau est utilisée pour l’irrigation et l’alimentation de plusieurs petites centrales hydroélectriques. Ces cours d’eau deviennent des fleuves comme la Moulouya (450 km), qui se jette dans la Méditerranée, ou le Sebou (500 km), qui se déverse dans l’Atlantique.

La nature accidentée du terrain et le régime des pluies rendent les fleuves du Maroc peu navigables. Ainsi, le Sebou constitue l’unique voie navigable du pays, mais uniquement dans la dernière partie de son cours, jusqu’à Kenitra (17 km), tandis que l’Oum er-Rebia (600 km), principal fleuve du Maroc, qui court d’est en ouest tout le long du versant saharien et arrose une ligne d’oasis, est impropre à la navigation.

Les crues soudaines et incontrôlées du printemps ou de l’automne alimentent des nappes souterraines qui font vivre, le reste de l’année, les populations établies sur des éminences. À l’extrême sud-est, les oueds Ziz et Rhéris, descendus de l’Atlas, se perdent dans les sables du désert.

Climat

Le Maroc est soumis aux influences contrastées de la Méditerranée, de l’océan Atlantique et du Sahara sur les reliefs dont la partie occidentale reçoit les pluies océaniques, tandis que les sommets jouent le rôle de barrières. Les plaines côtières sont à la même latitude que les oasis du Sahara algérien ; riches et fertiles dans le Nord, elles subissent l’influence du désert dans leur partie méridionale à partir d’Essaouira (Mogador) et surtout d’Agadir.

Dans le Nord, le climat est de type méditerranéen, tempéré par l’influence de la mer avec des hivers plus froids en altitude et des précipitations voisines de 800 mm annuels sur le versant atlantique septentrional. À Essaouira, les températures annuelles moyennes varient entre 16,4 °C en janvier et 22,5 °C en août. À l’intérieur des terres, les hivers sont plus frais et les étés plus chauds. Ainsi, à Fès, les températures varient de 10 °C en janvier à 26,9 °C en août. Dans l’Atlas, il n’est pas rare de trouver des températures hivernales inférieures à - 17,8 °C, et les sommets sont enneigés presque toute l’année.

La saison des pluies correspond aux mois d’hiver. Les précipitations sont importantes dans le Nord-Ouest et plus faibles dans l’Est et le Sud, en particulier sur les contreforts orientaux de l’Atlas. Les précipitations annuelles moyennes varient de 860 mm à Tanger et 430 mm à Casablanca, à 280 mm à Essaouira et à 130 mm dans le Sahara.

Végétation et faune

Le Maroc est le pays le plus boisé du Maghreb. Les régions montagneuses tournées vers l’Atlantique sont couvertes de forêts (9,8 p. 100 du territoire), comprenant de larges étendues de chênes-lièges, des chênes verts, des genévriers, des cèdres, des sapins et des pins qui bénéficient des pluies de l’automne et de l’hiver, mais les sécheresses, de plus en plus longues dans le Sud, fragilisent cette végétation soumise aux incendies, aux coupes et à l’érosion des sols. Les terres cultivées occupent presque toutes les plaines ; ailleurs, le maquis prédomine. Dans la plaine du Sous, près de la frontière méridionale, on trouve une vaste forêt d’arganiers, des épineux endémiques de l’Afrique du Nord. La végétation dans les vallées des oueds présahariens est identique à celle des zones arides de la région ; dans les oasis, cultures maraîchères et arbres fruitiers prospèrent à l’ombre des palmiers-dattiers.

Le Maroc, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, possède une faune diversifiée. Les mosaïques romaines de Volubilis témoignent de la présence d’éléphants, aujourd’hui disparus, et de lions, dont les derniers spécimens vivaient encore dans l’Atlas au XIXe siècle. On rencontre encore des espèces comme le renard, le lapin, la loutre et l’écureuil, mais aussi la gazelle, le phacochère, la panthère, le babouin et la vipère cornue.

Population

Démographie

En 2008, la population marocaine était estimée à 34,3 millions d'habitants, soit une densité moyenne de 77 habitants au km² ; mais les Marocains sont inégalement répartis sur le territoire : les régions côtières et les plaines du Nord enregistrent les plus fortes densités.

La population connaît un fort taux d’accroissement : en 2008, le taux de natalité a été évalué à 21,30 p. 1 000, le taux de mortalité à 5,50 p. 1 000, l’indice de fécondité à 2,57 enfants par femme ; l’espérance de vie est de 71,5 années. Selon ces différentes prévisions, le Maroc devrait compter 42 millions d'habitants en 2025. La structure de la pyramide des âges contribue à alimenter le malaise social dans un pays où le chômage est élevé : pour la période 1995-2000, la part des moins de 15 ans dans la population totale est estimée à 36 p. 100, celle des individus âgés de 65 ans et plus, à 5,1 p. 100.

Le Maroc est une terre d’émigration : environ 1,8 million de ressortissants marocains vivent à l’étranger, notamment en France (575 000), en Italie (200 000) et en Belgique (120 000).

La population, d’origine berbère, a été islamisée par les conquérants arabes à partir du VIIIe siècle. Avec l’essor des villes, certains des autochtones ont abandonné leur mode de vie traditionnel et ont adopté la langue et les coutumes des nouveaux arrivants. Aujourd’hui, les Berbères, ou Imazighen (« hommes libres »), vivent plutôt dans les zones rurales et, depuis la fin des années 1980, revendiquent leur spécificité culturelle ; les populations arabes sont plutôt citadines. Toutefois, le clivage entre les communautés est loin d’être aussi évident, car de nombreux mariages entre Arabes, Berbères et Noirs africains, depuis un millénaire, ont largement métissé la population et le fait de parler berbère ne s’oppose pas fondamentalement au fait d’appartenir également à la civilisation arabe.

Le nombre de Sahraouis, des Berbères pour la plupart, appartenant pour beaucoup à la confédération des Regueibat, est contesté par les différentes parties en conflit au Sahara-Occidental. Il varie de 170 000 à 1 million, ce dernier chiffre étant avancé par le front Polisario, qui prend en compte les Sahraouis réfugiés à l’extérieur du territoire marocain.

Environ 100 000 Européens (dont 25 p. 100 de Français) vivent au Maroc, ainsi qu’une minorité juive descendant de l’importante communauté qui a émigré en France ou en Israël dans les années 1960 et 1970.

Divisions administratives et villes principales

Le pays est divisé en 16 régions économiques subdivisées en provinces et en préfectures urbaines.

Les provinces marocaines sont administrées par des préfets nommés par le roi et soumis au gouvernement central. Chaque province est divisée en « cercles », eux-mêmes subdivisés en « circonscriptions ».

La répartition de la population entre zones rurales et zones urbaines est relativement équilibrée : en 2005, 59 p. 100 des Marocains étaient citadins. Rabat, la capitale et l’une des plus grandes villes du Maroc, est située sur la côte atlantique (717 000 habitants, estimation 1992). Casablanca (2,1 millions) est la ville la plus importante du pays et son premier port ; Marrakech (618 000 habitants) et Fès (573 000 habitants) sont les grands pôles du commerce marocain. Tanger (592 000 habitants) contrôle le détroit de Gibraltar. Le gouvernement incite la population marocaine à s’établir au Sahara-Occidental, dont la ville principale est El-Aïun (Laayoune).

Institutions et vie politique

Organisation des pouvoirs

Le Maroc est une monarchie héréditaire, régie par la Constitution de 1972, révisée en 1980, en 1992, puis en septembre 1996.

Le monarque, qui doit être de sexe masculin, est le chef spirituel et temporel ; chef de l’État, il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement. Le roi a le pouvoir d’ordonner la révision de mesures législatives et de dissoudre l’Assemblée. Il commande également les forces armées.

Une révision de la Constitution a introduit le bicamérisme du Parlement, composé depuis septembre 1996 de la Chambre des représentants, dont les membres sont élus pour six ans au suffrage direct, et de la Chambre des conseillers, nouvel organe, élu par les représentants des collectivités locales, des organisations professionnelles, et des salariés. La nouvelle Constitution a élargi les compétences du corps législatif, en même temps qu’était créée une Cour constitutionnelle.

Partis politiques

Le système politique marocain repose sur un multipartisme qui connaît toutefois des limites, liées à la prééminence du roi. Le Mouvement populaire constitutionnel démocratique (MPCD), parti conservateur fondé en 1959, le Rassemblement national des indépendants (1978), l’Union constitutionnelle (1983) et le Parti national démocratique (1981) sont les principaux partis pro-gouvernementaux. Parmi les forces d’opposition se trouvent l’Istiqlal (« indépendance »), parti nationaliste fondé en 1943, l’Organisation de l’action démocratique et populaire (OADP), le parti du Progrès et du Socialisme (PPS). En 1998, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), grand parti de gauche généralement dans l'opposition, accepte la nomination de leader, Abderrahmane Youssoufi, au poste de Premier ministre.

En juin 1996, le roi Hassan II autorise l’entrée d’islamistes modérés au sein du MPCD. Les mouvements islamistes demeurent étroitement contrôlés, voire réprimés. Le souverain, désireux d’introduire un système en alternance, multiplie, à partir de 1990, les tentatives d’ouverture politique en direction de l’opposition. Les principaux partis ne veulent cependant pas participer au gouvernement formé en février 1995, le roi ayant refusé les conditions posées en préalable : révision constitutionnelle, nouvelles élections et départ du ministre de l’Intérieur, Driss Bari, dont le nom fut souvent associé aux violations des droits de l’homme par les autorités marocaines.

Cette situation a connu récemment de profonds bouleversements. En 1996, un référendum ratifie la Constitution marocaine. Au début de 1997, une charte est signée entre le pouvoir et l’ensemble des formations politiques en vue de la tenue d’élections libres et régulières. Les élections locales se tiennent en juin 1997, les élections législatives le 14 novembre 1997. L’USFP devient la première force politique du pays, le RNI maintenant ses positions, alors que l’Istiqlal est le grand perdant. Abderrahmane Youssoufi est désigné par le roi Hassan II, en février 1998, au poste de Premier ministre. En mars, il fait connaître la composition de son cabinet, qui comprend 48 membres. Au plan de la répartition partisane, l’USFP s’est réservé 14 sièges, contre 6 au RNI et à l’Istiqlal. Le PPS (parti du Progrès et du Socialisme) et trois autres partis d’opposition sont aussi associés au pouvoir. Le Maroc vit ainsi une expérience inédite de transition et d’alternance politique.

Après le décès d'Hassan II, le 23 juillet 1999, son fils aîné Sidi Mohammed, âgé de 36 ans, monte sur le trône sous le nom de Mohammed VI. L'acte le plus significatif de la politique d'ouverture menée par Mohammed VI est le limogeage, en novembre 1999, de Driss Basri, ministre de l'Intérieur, symbole des aspects les plus dictatoriaux du roi défunt. Mohammed VI conserve le premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi et garde la haute main sur la direction de l'armée.

Le processus de transition démocratique aboutit en septembre 2002 à la tenue d’élections législatives transparentes visant à remplacer le gouvernement d’alternance d’Abderrahmane Youssoufi. Sur les 325 sièges de la Chambre basse du Parlement, la principale formation du gouvernement sortant, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), arrive en tête avec 50 sièges, suivie de l’Istiqlal, qui remporte 48 sièges. L’autre parti de la coalition gouvernementale au pouvoir, le Rassemblement national des indépendants (RNI), de centre droit, n’arrive, avec 41 sièges, qu’en 4e position, derrière le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste, qui recueille 42 sièges. Le nouveau Premier ministre, Driss Jettou, sans étiquette politique, forme un gouvernement dans la continuité du précédent gouvernement d’alternance, avec l’USFP et l’Istiqlal dominant une large coalition gouvernementale, dont sont exclus les islamistes du PJD.

Agriculture, forêts, pêche

En 1995, le secteur primaire occupait 35 p. 100 de la population active et contribuait pour 18 p. 100 à la formation du PIB.

La production est très dépendante des aléas climatiques. Ainsi, l’année 1994 s’était révélée exceptionnelle après trois années de sécheresse, mais la sécheresse prolongée de 1995 a de nouveau sérieusement menacé l’agriculture du pays.

Les principales productions sont les céréales, le blé (31 p. 100 des terres cultivées en 1994 ; 19e rang mondial) et l’orge (26 p. 100 des terres ; 11e rang mondial) dont la production totalise 3 millions de tonnes. La pomme de terre, les melons, les oliviers, la vigne, les légumineuses, les dattiers, la canne à sucre et la betterave à sucre sont également cultivés. Le Maroc est un gros producteur d’agrumes (1 275 000 t, dont 940 000 t d’oranges, 11e rang mondial) principalement destinés à l’exportation avec les légumes d’hiver.

Le cheptel compte environ 15,6 millions d’ovins (19e rang mondial), 5,5 millions de caprins et 3,3 millions de bovins.

Le liège est l’une des principales ressources de la forêt marocaine, mais la plupart du bois coupé est utilisé comme combustible ; en 2006, la production de bois s’élevait à 944 000 m3, quantité très minime.

Les principaux centres de pêche sont Agadir, Safi, Essaouira, Casablanca, auxquels s’ajoutent les centres côtiers du Sahara-Occidental. En 2005, les prises annuelles s’élevaient à 947 777 tonnes et comprenaient notamment sardines, thon, maquereaux, anchois et crustacés.

Mines et industries

En 1995, le secteur secondaire occupait 24 p. 100 de la population active et contribuait pour 33 p. 100 à la formation du PIB.

Exploitation minière et énergie

Le pays possède des ressources minières considérables : c’est le 3e producteur mondial de phosphate (gisements de Youssoufia, de Khourigba, de Benguerir, ainsi que Bou Craa, au Sahara-Occidental, 20 millions de tonnes en 1995) ; le 10e producteur de plomb (70 000 t) et d’argent (333 000 t). On y extrait aussi du charbon, du cobalt, du fer, du cuivre, du manganèse, du pétrole, de l’étain et du zinc.

En 2003, 94,21 p. 100 de la production électrique est d’origine thermique, le reste étant produit dans des centrales hydroélectriques locales. En 2003, la production annuelle était d’environ 17,3 milliards de kilowattheures.

Industries

Des petites et moyennes entreprises assurent l’essentiel de la production industrielle du pays : matériaux de construction, produits chimiques, textiles, chaussures, pétrole raffiné, produits agroalimentaires (32 p. 100 de la production industrielle totale), vins, sucre, etc. L’artisanat est également un secteur traditionnel important : tissus, sellerie, céramiques, tapis et couvertures et ébénisterie de haute qualité.

Secteur tertiaire

En 1995, le secteur tertiaire occupait 41 p. 100 de la population active et contribuait pour 49 p. 100 à la formation du PIB.

La monnaie est le dirham, divisible en 100 centimes ; elle est émise par la banque Al-Maghrib (1959), banque centrale du Maroc. De nombreuses banques privées sont également installées dans le pays.

L’émigration marocaine et le tourisme permettent d’importantes rentrées en devises étrangères. Cependant, les menaces terroristes islamistes qui pèsent sur le Maghreb ont considérablement ralenti la venue des touristes au Maroc, et les recettes liées à ce secteur sont en régression (701 millions de dollars en 2006).

Le pays dispose d’importants équipements portuaires à Casablanca, Agadir, Kenitra, Safi et Tanger. Au début des années 1990, le pays était équipé d’un réseau ferroviaire de 1 890 km et de 59 198 km de routes, dont 47 p. 100 étaient bitumées. Royal Air Maroc, la compagnie aérienne nationale, assure les liaisons intérieures et internationales. On compte 19 aéroports au Maroc.

Commerce extérieur

Avec 14,2 milliards de dollars d’exportations et 8,78 milliards de dollars d’importations, la balance commerciale du Maroc était déficitaire en 2003.

Le Maroc exporte essentiellement des phosphates et des produits dérivés, des agrumes, du blé, du poisson. Ses principaux partenaires commerciaux sont les pays de l’Union européenne (67,9 p. 100 des importations, 70,9 p. 100 des exportations, dont 30,4 p. 100 vers la France), les États-Unis (5,4 p. 100), les pays en voie de développement (22,8 p. 100 des importations, 18,9 p. 100 des exportations).

Histoire

Les origines

Le Maroc est riche en vestiges paléolithiques (galets aménagés, bifaces acheuléens, faciès moustériens), dont des pointes atériennes spécifiques de l’Afrique du Nord (jusqu’à moins 10 000 ans environ) et du Sahara.

Les populations qui s’installent peu après dans la région sont probablement originaires d’Europe et d’Asie, et donnent naissance aux ancêtres des Berbères. On sait peu de choses de ces peuples, dont la langue dite libyque est quasi indéchiffrable et présente des similitudes avec le Tifinagh des Touareg.

L’histoire du Maroc est d’abord celle d’établissements étrangers dans les zones littorales ; les Phéniciens fondent des comptoirs de commerce sur la côte méditerranéenne d’Afrique du Nord au VIIe siècle av. J.-C. sur des sites portant des noms d’origine berbère et devenus de grands ports, tels Tingi (Tanger), Casablanca ou Russadir (Melilla). Bien que l’on attribue aux Carthaginois l’introduction du fer et la culture de la vigne, la civilisation phénicienne reste marginale, et son influence semble ne pas avoir beaucoup pénétré à l’intérieur des terres où des royaumes berbères sont fondés : celui de Maurétanie, apparu au IVe siècle av. J.-C. dans le nord du Maroc, et celui des Masaesyles, à l’est.

Rome et Byzance

La conquête de Carthage par l’Empire romain au IIe siècle av. J.-C. assure aux Romains la domination de tout le littoral africain baigné par la Méditerranée jusqu’au détroit de Gibraltar.

De cette époque date pratiquement le partage territorial du Maghreb entre ce qui, plus tard, allait devenir le Maroc et l’Algérie. Les Romains s’allient avec Bocchus, le roi berbère qui règne sur toute la région à l’ouest de la Moulouya, pour briser la résistance de son gendre Jugurtha, qui domine l’Algérie. Jugurtha est vaincu définitivement en 105 av. J.-C. Durant la période romaine, la région est mise en valeur : des routes sont construites, des villes, telle Volubilis, sont fondées. L’agriculture se développe, tandis que le commerce prospère.

De 25 à 23 av. J.-C., Juba II, un souverain berbère, administre la Maurétanie (Algérie, Maroc). Vers 42 apr. J.-C., l’empereur Claude Ier annexe l’ensemble de la Maurétanie à l’Empire romain ; elle est divisée en deux provinces, séparées par la Moulouya : la Maurétanie Tingitane (de Tanger), correspondant au Maroc actuel, et que dirige le fils de Juba, Ptolémée, et la Maurétanie Césarienne (l’Algérie). Les Romains, qui ne contrôlent véritablement que la partie septentrionale du pays (Volubilis) en raison de l’hostilité des montagnards berbères, se replient sur la région de Tanger, qui est rattachée, sous le règne de Dioclétien, à l’Espagne méridionale (285).

En 429, le Maroc subit l’invasion des Vandales, qui se fondent dans les populations locales. Le général byzantin Bélisaire reprend la région en 533 et y impose les lois de l’Empire byzantin. Néanmoins, cette reconquête est limitée dans l’espace, seul le Nord est solidement tenu.

La conquête arabe

Après la conversion de l’empereur Constantin Ier le Grand, au IVe siècle, le christianisme s’est développé dans les régions romanisées, c’est-à-dire essentiellement les villes et les plaines côtières. Cependant, ces régions qui supportent mal l’omnipotence des fonctionnaires de l’Empire et l’extrême centralisation du système, vont faire bon accueil aux idées d’indépendance financière et commerciale apportées par l’islam.

Il semble que, dans leur offensive contre les Byzantins, les troupes arabo-musulmanes conduites par Oqba ibn Nafi atteignent l’Atlantique dès 681. Mais les tribus berbères montagnardes (confédération des Masmouda, établis dans le Haut-Atlas occidental, l’Anti-Atlas, le Rif et les plaines atlantiques, des Sanhadja, du Moyen-Atlas, et des Zenata, du Maroc oriental), qui n’ont pas plus accepté la domination de Byzance que celle de Rome, les obligent à se replier.

La véritable conquête commence une vingtaine d’années plus tard, entre 705 et 707, sous la direction de Musa ibn Nusayr qui sait habilement jouer des clivages entre tribus berbères. Prônant l’égalité entre tous les croyants, les tenants de la nouvelle religion manquent de cadres administratifs ; ils les trouvent souvent chez les mawalis (affranchis, clients), lettrés chrétiens et juifs autochtones, des Berbères pratiquant le judaïsme, dont beaucoup finissent par se convertir, échappant ainsi à l’imposition qui touche les dhimmis — les gens du Livre, chrétiens et juifs, protégés par l’islam, mais soumis à des taxes pour compenser l’interdiction qui leur était faite de porter les armes. L’implantation arabe est cependant longue et difficile.

Plusieurs dynasties musulmanes, se référant pour des raisons religieuses et de prestige à une origine arabe, règnent alors sur le pays. Pourtant, la résistance à l’islamisation et à la domination arabe est vive dans certaines régions berbères. Elle prend notamment la forme du kharijisme, un mouvement musulman contestataire et égalitaire s’appuyant sur une stricte lecture du Coran et récusant le mode de succession du califat, qui privilégie l’appartenance à la lignée du Prophète ou à celle des premiers compagnons (Ansars). En 742, une révolte ébranle les montagnes marocaines. Dans le Tafilalet (région actuelle d’Erfoud, dans le Sud-Est), un royaume kharijite subsiste longtemps avec pour capitale Sijilmassa, comptoir commercial au croisement des routes d’échanges entre les empires de l’Afrique noire — Ghana puis Mali — et le monde musulman.

En 788, Idris Ier, descendant d’Ali, gendre du Prophète, qui a fui l’Arabie, fonde la dynastie des Idrissides. C’est de cette époque que date la fondation de la ville de Fès, qui devient un important centre religieux et intellectuel sous le règne d’Idris II. À sa mort en 828, le royaume idrisside entre dans une période de déclin. Alors que l’Est subit les raids des nomades, les Fatimides chiites d’Égypte et les Omeyyades de Cordoue, profitant des divisions internes qui affaiblissent la dynastie, rivalisent pour étendre leur domination sur le Maroc. Les Fatimides portent le coup fatal à la dynastie idrisside en 917 ; le redressement se produit depuis le Sahara.

Les premières dynasties berbères

Les Almoravides (de l’arabe al-Murabitun ; le murabit est celui qui pratique la défense de l’islam par les armes et mène une vie pieuse, les ribat sont des couvents fortifiés installés sur la ligne de front entre l’islam et les non-musulmans), guerriers rigoristes de l’islam, dont le mouvement est né dans le sud de la Mauritanie actuelle parmi les nomades Sanhadja, vont dominer la région à partir de 1062, date à laquelle ils fondent Marrakech, au carrefour des routes commerciales entre le monde arabe et le Sahara. Leur expansion se fait à la fois en direction de l’Espagne musulmane, où ils ont été appelés par une des factions musulmanes au pouvoir, et de l’Afrique noire. En 1086, ils battent, à Zellaca, le roi Alphonse IV. Au sud, ils emportent, en 1077, une victoire décisive sur l’empire du Ghana, prenant ainsi le contrôle du commerce de l’or.

Au début du XIIe siècle, l’empire almoravide comprend l’Espagne musulmane, le Maghreb occidental et central ainsi que le Sahara. Mais un nouveau mouvement réformateur, lancé par Ibn Tumart dans la première moitié du XIIe siècle, se dresse contre eux. Ce dernier lutte contre toute déviation et prêche l’unicité de Dieu. La venue au pouvoir de ses disciples, les Almohades (de l’arabe al-muwahhidun, les Unitaires) en 1147, marque le triomphe des Berbères sédentaires de l’Anti-Atlas sous l’égide d’Abd al-Moumin (1130-1163). À l’apogée de leur puissance, les Almohades exercent leur autorité sur l’actuelle Algérie, la Tunisie, la Libye, ainsi que sur une partie du Portugal et de l’Espagne. Le Maghreb musulman en profite pour se libérer également de la tutelle de l’Orient.

En 1212, la bataille de Las Navas de Tolosa, sur le sol espagnol, au cours de laquelle les armées chrétiennes vainquent les troupes musulmanes, marque le début du déclin des Almohades et de l’Espagne musulmane. Les Beni Merin, des Berbères arabisés qui ont été poussés vers le sud du Maroc par les invasions arabes, en profitent pour se soulever. En 1269, les Mérinides parviennent à s’imposer sur le trône ; ils fixent leur capitale à Fès, qu’ils font doubler par une nouvelle cité, Fès el-Djedid (Fès-la-Neuve). Les Mérinides ne peuvent cependant maintenir l’empire maghrébin des Almohades. Ils perdent le contrôle des routes sahariennes et s’engagent dans de coûteuses opérations militaires dans la péninsule Ibérique, luttant contre l’avancée des princes chrétiens ou prenant parti dans les conflits entre princes musulmans. La Reconquista (« reconquête ») gagne bientôt le territoire marocain lui-même. Espagnols et Portugais se partagent les côtes en zones d’influence : les rivages méditerranéens reviennent à l’Espagne, et le littoral atlantique échoit au Portugal. En 1415, le port de Ceuta est pris aux musulmans andalous par les Portugais ; Melilla tombe aux mains des Espagnols en 1497.

Les dynasties chérifiennes

La progression des Européens provoque le sursaut des Beni Saad (ou Saadiens). Se réclamant de la lignée du Prophète, ces chérifs, ou chorfas (titre donné par les musulmans aux descendants de Mahomet par Ali et Fatima), sont établis au sud, dans la vallée du Sous, autour de Taroudant. Ils mènent la guerre sainte (voir Djihad) contre les Portugais, qu’ils chassent d’Agadir en 1541, puis de Safi. Ils s’attaquent ensuite aux successeurs des Mérinides, les Wattassides. En 1549, ils s’emparent de Fès. Les Wattassides demandent l’aide des Turcs présents en Algérie, mais les Saadiens se rendent maîtres du pays en 1554.

Prudents, les sultans saadiens adoptent une politique d’équilibre entre les Turcs ottomans et les Occidentaux. En 1591, les Saadiens, souhaitant obtenir les mines de sel du Sahara et l’or du Soudan, lancent une expédition à travers le désert contre l’Empire songhaï, établi dans la vallée du Niger. Le sultan Ahmad al-Mansur n’en retire pas l’argent espéré, mais, par la suite, les nationalistes marocains vont s’appuyer sur cette conquête pour revendiquer toute la région comprise entre le Maroc et les rives septentrionales du Niger (Nord-Mali) et du Sénégal (Mauritanie). Le pays bénéficie de l’immigration de près d’un million de morisques (voir Maures) et de juifs expulsés d’Espagne après 1492. Le Maroc saadien est unifié et relativement prospère ; l’architecture et les arts marocains connaissent un essor notable à cette époque.

Peu après l’arrivée des premiers Saadiens d’Arabie, des immigrants se réclamant de la descendance d’Hassan, l’un des deux fils d’Ali, se sont installés dans le Tafilalet, aux portes du désert. Utilisant le prestige que leur accorde cette ascendance alaouite, ils s’appuient sur le désir d’indépendance des habitants de la région pour se poser en prétendants au trône. En 1664, Moulay Rachid fonde la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc.

La dynastie connaît son apogée sous Moulay Ismaïl (1672-1727), le bâtisseur de Meknès. Il s’engage dans la reconquête du pays sur les chrétiens (Espagnols et Portugais occupant des ports) et mène la lutte contre les Ottomans. Son règne est suivi d’une longue période de rivalités familiales, ponctuées de brefs interludes de paix et de prospérité relatives.

À la fin du XVIIIe siècle, seul le tiers septentrional du Maroc reste sous l’administration du sultan : c’est le Bled el-Maghzen, pays soumis à l’impôt, donc à l’autorité chérifienne, tandis que le reste du pays se trouve en situation de quasi-insoumission (Bled el-Siba, « pays de la dissidence »).

L’intrusion européenne

Les puissances européennes, qui luttent en Méditerranée contre les Ottomans et les pirates des États barbaresques, profitent de l’affaiblissement du royaume chérifien pour signer des traités commerciaux à leur avantage : la France, en 1767, et le Royaume-Uni, en 1792, obtiennent le libre passage du détroit de Gibraltar et la liberté de commerce. L’occupation française d’Alger, en 1830, provoque une réaction nationaliste au Maroc voisin. Le sultan Abd al-Rahman apporte son soutien à l’émir Abd el-Kader, qui dirige la résistance depuis l’Oranie. En tentant de reprendre Ceuta et Melilla, les Marocains déclenchent en retour une expédition espagnole qui s’empare de Tétouan, en 1860. L’affaiblissement du Maroc, contraint par ailleurs de payer d’importants dommages de guerre, attise les rivalités européennes.

Entre 1900 et 1903, la France occupe les confins marocains. En 1904, la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne concluent des accords qui préparent un partage du Maroc. L’Espagne étend son influence sur le Rif, dans l’arrière-pays de Ceuta et de Melilla ; l’Angleterre renonce à ses visées sur le reste du pays au bénéfice de la France, en contrepartie de l’abandon de celles de la France sur l’Égypte. Mais l’Allemagne, se sentant lésée dans ce partage colonial, décide d’intervenir. Le 31 mars 1905, le kaiser Guillaume II rend visite au sultan à Tanger, lui affirmant sa volonté de soutenir l’indépendance marocaine. La tension entre la France et l’Allemagne est portée à son comble. L’année suivante, la conférence d’Algésiras place le pays sous contrôle international, et en 1909, Français et Allemands s’entendent pour signer une convention de partage économique du Maroc. Pourtant, en 1911, éclate une nouvelle crise, l’incident d’Agadir. Le sultan Moulay Hafiz, assiégé dans Fès par des tribus berbères révoltées, a fait appel à la France. L’Allemagne, opposée à une intervention française, dépêche immédiatement une canonnière dans le port d’Agadir. La crise trouve rapidement une solution politique : en échange d’une partie du territoire du Congo français frontalière du Cameroun, alors possession allemande, l’Allemagne abandonne ses prétentions au Maroc, laissant désormais le champ libre à la France.

Le protectorat français

Le 30 mars 1912, le sultan reconnaît le protectorat français. L’Espagne obtient pour sa part le contrôle de la région du Rif et de l’enclave d’Ifni. Contre ce nouvel état de fait, des émeutes éclatent en différents points du pays. Moulay Hafiz abdique en faveur de son frère Moulay Youssef, et la pacification du pays débute sous la conduite du général Lyautey. Marrakech est occupée en septembre 1912, et Agadir l’année suivante. Jusqu’en 1925, Lyautey, nommé résident général, s’efforce de mener une politique respectueuse envers les habitants du Maroc, pays qu’il s’attache à valoriser en développant ses infrastructures (routes, voies ferrées, ports).

Mais le Rif est ébranlé, de 1921 à 1926, par la révolte d’Abd el-Krim. La longue guerre du Rif ne peut être matée que par une alliance militaire franco-espagnole dirigée par le maréchal Pétain, à la tête d’une force de près de 100 000 hommes ; le Haut-Atlas n’est soumis officiellement qu’en 1934. La vallée du Draa et les oasis du sud restent encore longtemps en état de dissidence larvée : on estime qu’entre 1921 et 1934 la conquête du Maroc coûte la vie de 27 000 hommes à la France (métropolitains et troupes africaines).

En 1930, la France, qui souhaite mettre en place une administration plus directe, à l’image de celle qui existe en Algérie, tente de désarmer les Berbères en publiant le « dahir berbère », manifeste qui reconnaît leur spécificité (langue, lois coutumières) par rapport à l’administration arabe. Ce texte entraîne la première réaction nationaliste des milieux arabisés, qui accusent la France de vouloir diviser le pays pour mieux asseoir son autorité. C’est d’ailleurs à la même époque que se constitue le Comité d’action marocaine, le premier parti politique réclamant la fin de l’administration directe.

La lutte pour l'indépendance

La défaite française de 1940 renforce les espoirs des nationalistes. La figure principale du nationalisme marocain, Allal al-Fasi, va donner ses fondements idéologiques au parti de l’Indépendance, l’Istiqlal, branche dissidente du Comité d’action marocaine, fondé en 1943 avec Ahmed Balafrej.

Un an auparavant, en novembre 1942, les troupes américaines ont débarqué au Maroc ; le pays devient alors une base stratégique pour les Alliés jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et les troupes marocaines, intégrées à l’armée française, participent aux opérations de la fin du conflit (campagnes d’Italie, de France, d’Allemagne).

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la poussée nationaliste se fait plus pressante. Le sultan Mohammed Ben Youssef profite de la célébration du vingt-cinquième anniversaire de son accession au trône pour revendiquer l’indépendance du Maroc. Il manifeste sa volonté de résistance en refusant de signer un certain nombre de dahirs (textes de loi) alors que le poids de l’administration, placée sous l’autorité du général Juin, se fait de plus en plus sentir. Les autorités françaises, en accord avec Hadj Thami el Glaoui, beau-frère du sultan et pacha de Marrakech, considéré comme l’un des plus puissants « féodaux » de l’époque, organisent, à l’issue d’un complot fomenté à Marrakech, un semblant de rébellion qui conduit à la destitution du sultan en août 1953. Celui-ci, exilé, est remplacé à ce poste par une personnalité sans relief et âgée, Ibn Arafa. L’activisme nationaliste des « autorités » en place se double alors de celui de nouvelles formations, au premier rang desquelles l’Istiqlal. Cependant, la France, qui est engagée dans la guerre d’Algérie, doit également faire face à la révolte nationaliste en Tunisie et sort à peine de la guerre en Indochine. Elle décide alors de s’orienter vers une solution politique : le sultan, dont l’exil n’a fait que conforter la légitimité et grandir le prestige international, est rappelé au Maroc. Revenu dans son pays, il est reçu et acclamé par une foule de plus d’un million et demi de personnes. Le gouvernement d’Edgar Faure négocie les modalités de la déclaration de La-Celle-Saint-Cloud (novembre 1955), qui débouche sur l’indépendance du pays le 3 mars 1956 ; Madrid reconnaît celle du Maroc espagnol le 7 avril ; Ceuta, Melilla et Ifni demeurent cependant des enclaves espagnoles. Le statut international de Tanger, institué en 1923, est aboli le 21 octobre. En août 1957, le sultan, jouissant d’une immense popularité, est proclamé roi du Maroc, sous le nom de Mohammed V.

L’unification et les débuts du conflit au Sahara-Occidental

Malgré la pression des nationalistes, Mohammed V accepte l’indépendance d’un pays amputé des enclaves espagnoles et ne comprenant pas les territoires que les nationalistes, au nom de l’histoire, estiment marocains : tout le Sahara jusqu’au Niger et au Sénégal, autrement dit, la région de Tindouf, qui fait partie de l’Algérie française, le nord de l’actuel Mali jusqu’à Tombouctou, la Mauritanie et le Sahara espagnol. Le roi n’y renonce pas définitivement mais considère que l’indépendance immédiate est préférable.

L’Istiqlal crée, dans le Sud, une armée de libération marocaine comprenant des Mauritaniens et des Sahraouis, membres de tribus nomadisant à travers ces territoires et partisans d’un « Grand Maroc ». Cette armée irrégulière envahit le nord de la Mauritanie en 1960, au moment de son indépendance, puis, en janvier 1969, contraint les Espagnols à évacuer l’enclave d’Ifni. Mais cette armée est devenue incontrôlable et est dissoute par le roi, ce qui suscite un vif mécontentement parmi ses membres sahraouis, dont le territoire est toujours occupé par l’Espagne : ils deviennent les premiers cadres du Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro (front Polisario), qui mène la lutte pour l’indépendance du Sahara espagnol, mais hors de l’État marocain.

Le contentieux sur la frontière entre l’Algérie et le Maroc, à partir de 100 km au sud d’Oujda, a été mis en sommeil, d’un commun accord entre les deux parties jusqu’à l’indépendance algérienne. En 1962, dès que celle-ci est acquise, les relations s’enveniment entre les voisins maghrébins. La « guerre des sables », en 1963 et 1964, oppose en fait deux régimes, l’un monarchique et intégré au camp occidental, l’autre révolutionnaire et non-aligné. L’Algérie appuie les revendications sahraouies pour s’aménager une éventuelle fenêtre sur l’Atlantique et empêcher la constitution d’un grand ensemble territorial concurrent en Afrique du Nord.

Le règne d’Hassan II (1961-1999)

Un pouvoir personnel sans partage

En 1959, l’Istiqlal a éclaté, et son aile gauche, conduite par Mehdi Ben Barka, a fondé l’Union nationale des forces populaires (UNFP), revendiquant auprès du roi une plus grande démocratisation. Le roi Hassan II, qui a succédé à Mohammed V à la mort de ce dernier, en février 1961, signe une charte royale, instituant une monarchie constitutionnelle approuvée, en décembre 1962, par un référendum boycotté par l’UNFP. De violentes manifestations obligent le pouvoir à se séparer du gouvernement, trop conservateur. Cependant, en juin 1965, après des émeutes populaires sévèrement réprimées, le roi suspend le Parlement et assume les pleins pouvoirs, occupant également la fonction de Premier ministre. À la fin de l’année éclate l’« affaire Ben Barka », et la disparition, après son enlèvement à Paris, du dirigeant de l’UNFP, vraisemblablement assassiné, oppose durablement la gauche au souverain.

Le roi soutient la cause arabe en 1967 lors de la guerre contre Israël et s’emploie à consolider l’unité arabe, en fondant le comité Al-Quds (nom arabe de Jérusalem) en faveur du retour de la Ville sainte à l’islam, tout en nouant des relations discrètes avec les Israéliens. En 1970, un nouveau référendum constitutionnel renforce les pouvoirs de l’exécutif. En 1971, à Skirat, et en 1972, au cours d’un voyage aérien, Hassan II échappe à deux attentats, dont le dernier a été fomenté par le général Oufkir, qui est exécuté.

L’union sacrée de la reconquête du Sahara-Occidental

Le souverain s’engage dans le processus de récupération du Sahara-Occidental. En 1974-1975, le Maroc exerce de fortes pressions sur l’Espagne afin qu’elle renonce à son territoire saharien. Cette cause établit autour d’Hassan II l’union sacrée en réunissant toutes les forces populaires et politiques du pays, jusqu’au Parti communiste : en novembre 1975, une « marche verte » entraîne 350 000 Marocains jusqu’au Sahara-Occidental. Les Espagnols quittent la région en 1976 et cèdent les deux tiers nord de leur colonie au Maroc et le tiers sud à la Mauritanie. Celle-ci se retire du conflit en 1979, et le Maroc occupe le territoire abandonné.

En 1988 s’amorce le rapprochement avec l’Algérie, qui représente un important marché pour les céréales marocaines et qui se concrétise l’année suivante par la création de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Dans ce contexte, le dossier du conflit du Sahara-Occidental, dans lequel l’Algérie est le soutien traditionnel du front Polisario, peut également progresser : le Maroc, qui a quitté l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1984 à la suite de l’admission du front Polisario, accepte en 1988 un plan de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU) recommandant la tenue d’un référendum d’autodétermination sous contrôle international.

L’unité nationale réaffirmée lors de la marche verte de 1975 est cependant ébranlée dès 1981, lorsque l’augmentation des prix des produits de base déclenche de nouvelles émeutes à Casablanca — cette cité tentaculaire a vu sa population augmenter de près d’un million d’habitants en quatre ans, en raison de l’exode rural et de l’extension des cultures industrielles au détriment des cultures vivrières. Face au malaise social et confronté aux critiques nationales et internationales concernant les violations des droits de l’homme, Hassan II multiplie, en vain, les offres d’ouverture vers l’opposition.

La montée de la contestation et la libéralisation du régime

Aux contestations républicaines s’ajoute, au cours de la même période, l’essor d’un mouvement islamiste. Commandeur des croyants, descendant du Prophète et fondateur du comité Al-Quds, Hassan II s’emploie à neutraliser les islamistes sur leur terrain en lançant la construction d’une immense mosquée à Casablanca dotée d’un minaret de 172 m (le « Phare de l’islam »), inaugurée en 1988. Après de nouvelles émeutes populaires à Fès, en 1990, Hassan II gracie, en 1991, 2 000 détenus, dont des prisonniers sahraouis, et fait libérer les 32 derniers prisonniers du bagne de Tazmamart, qui est rasé. En juillet 1994, une nouvelle grâce royale est accordée et, en juin 1995, après vingt-neuf ans d’exil, l’opposant Mohamed Basri, l’un des fondateurs de l’UNFP, est autorisé à rentrer dans son pays.

Cette libéralisation, jugée encore insuffisante par l’opposition, s’accompagne de négociations avec l’Union européenne (UE). Rejetant le raidissement dictatorial qui marque l’Algérie et l’immobilisme politique de la Tunisie et de la Libye, le royaume chérifien signe en novembre 1995 avec l’Union européenne un important accord de libre-échange qui concrétise le souhait du Maroc de jouer le rôle d’un pont entre l’Europe et l’Afrique. L’autre volet de cette politique est la volonté désormais affirmée du roi Hassan II de régler sa succession. En 1996, le roi désigne son fils aîné, le prince héritier Sidi Mohammed, comme son successeur au trône. Parallèlement, il s’attache à consolider la démocratisation du régime dans le cadre de la monarchie en élaborant une charte constitutionnelle (février 1997) entérinée par l’opposition unie dans le Bloc démocratique. Les élections législatives de novembre 1997, entièrement issues du suffrage universel donnent la victoire à l’USFP, et son leader Abderrahmane Youssoufi est nommé Premier ministre (mars 1998) pour engager l'« alternance ». Miné par la maladie, le souverain s’attache à régler la question des « disparus », qui jette une ombre sur son règne.

En dépit d’un accord conclu en septembre 1996 entre le Maroc et le front Polisario prévoyant un échange de prisonniers et la libération de détenus politiques et réaffirmant la tenue d’un référendum d’autodétermination, la situation au Sahara-Occidental demeure bloquée : le référendum ne cesse d’être différé, les parties ne s’entendant pas sur l’identification des votants.

Le règne de Mohammed VI (1999- )

Les premiers pas du nouveau monarque

Le décès d'Hassan II, le 23 juillet 1999, survient alors qu'une rencontre est annoncée entre le souverain chérifien et le nouveau président algérien Abdelaziz Bouteflika, destinée à aborder les questions en suspens entre les deux pays, en particulier celle du Sahara-Occidental. Son fils aîné Sidi Mohammed, âgé de 36 ans, monte sur le trône sous le nom de Mohammed VI. Les chantiers auxquels le nouveau souverain doit faire face portent surtout sur la lutte contre la pauvreté, la santé, l'alphabétisation (le taux d’analphabétisme dépasse les 50 p. 100), la réforme de l'administration et de la justice, qui reste liée au problème de la corruption, la montée de l'islamisme, dont le leader, Cheik Yassine défie le pouvoir, et la question épineuse du Sahara-Occidental.

L'acte le plus significatif de la politique d'ouverture menée par Mohammed VI est le limogeage, en novembre 1999 de Driss Basri, ministre de l'Intérieur d'Hassan II, et symbole de l’autoritarisme de l’ancien pouvoir. Voulant effacer les pages les plus sombres du règne précédent, Mohammed VI met également en place une commission chargée d'indemniser les victimes de la répression, tandis que de nombreux opposants rentrent au Maroc (Abraham Serfaty, la famille de Mehdi Ben Barka). Conservant le Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi, le souverain garde la haute main sur la direction de l'armée.

Surnommé « le roi des pauvres » dès les tout débuts de son règne, en raison de ses nombreux gestes de charité à l’égard des plus défavorisés, Mohammed VI est salué, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme un « roi moderne ». Cette image de modernité est confortée en mars 2002 par l’annonce de son futur mariage avec une « fille du peuple », Salma Bennani. L’annonce publique du mariage royal constitue une véritable révolution en soi.

Quelques jours avant la célébration de ce mariage, en juillet 2002, le Maroc provoque une grave crise diplomatique avec l’Espagne en envoyant des militaires sur l’îlot Leila (ou Persil pour les Espagnols), rocher inhabité de quelque 13 hectares, situé à proximité de l’enclave espagnole de Ceuta. L’Espagne réplique par l’envoi de soldats, ce qui équivaut à une « déclaration de guerre » aux yeux de Rabat. Ce grave incident s’inscrit dans une longue série de discordes entre les deux pays, opposés sur de nombreuses questions : le sort du Sahara-Occidental, le Maroc accusant l'Espagne de favoriser les thèses du front Polisario, les questions de la pêche et de l’immigration clandestine, le dossier de la prospection pétrolière — les relations entre le Maroc et l’Espagne se sont en effet détériorées dès l’automne 2001, avec le rappel de l’ambassadeur du Maroc à Madrid à la suite de l’autorisation par le gouvernement espagnol de travaux de prospection pétrolière au large des îles Canaries, archipel espagnol situé au large des côtes marocaines. Sous l’égide des États-Unis, les deux pays parviennent à un accord sur l’îlot Persil, puis renouent leurs relations diplomatiques en février 2003.

La transition démocratique

Tandis que le gouvernement d’alternance d’Abderrahmane Youssoufi a permis le passage sans heurt du règne d’Hassan II à celui de Mohammed VI, la transition démocratique aboutit en septembre 2002 à la tenue d’élections législatives, les premières élections totalement transparentes depuis l’indépendance du pays en 1956. Quatorze millions de Marocains sont appelés à pourvoir les 325 sièges de la Chambre basse du Parlement pour un mandat de cinq ans — dont 30 sièges réservés aux femmes. À l’issue du scrutin qui se déroule le 27 septembre 2002, la principale formation du gouvernement sortant, l’Union socialiste des forces populaires (USFP), arrive en tête avec 50 sièges, suivie de l’Istiqlal, qui remporte 48 sièges. L’autre parti de la coalition gouvernementale au pouvoir, le Rassemblement national des indépendants (RNI), de centre droit, n’arrive, avec 41 sièges, qu’en 4e position, derrière le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste, qui recueille 42 sièges. Caractérisé par l’accentuation du morcellement du champ politique — liée à l’adoption d’un scrutin de liste à la proportionnelle —, ce scrutin est marqué par la percée du vote islamiste, sanctionnant les formations politiques traditionnelles dans un contexte socio-économique extrêmement difficile.

Le 9 octobre, le roi Mohammed VI nomme Driss Jettou Premier ministre ; ancien ministre du Commerce et des Finances, sans étiquette politique, Driss Jettou se prévaut d’une longue expérience de gestionnaire. Au mois de novembre, celui-ci présente la composition du nouveau gouvernement, qui s’inscrit dans la continuité du gouvernement d’alternance, avec l’USFP et l’Istiqlal dominant une large coalition gouvernementale, dont sont exclus les islamistes du PJD.

Au printemps 2003, le Maroc prend position contre l’intervention américano-britannique en Irak. Le 16 mai 2003, alors que les Marocains fêtent la naissance, le 8 mai, du prince héritier Moulay Hassan, le Maroc est frappé de plein fouet par une série d’explosions terroristes à Casablanca. Visant des cibles juives et des lieux habituellement fréquentés par des étrangers, ces attentats-suicides tuent 45 personnes, dont 12 kamikazes, et font une centaine de blessés. Ils succèdent à une série d’attentats meurtriers perpétrés à Riyad (Arabie saoudite) quelques jours auparavant. Pour les autorités marocaines, ces attentats portent la marque du terrorisme international — à l’instar de l’Arabie saoudite, le Maroc figure sur la liste établie par le réseau terroriste Al Qaida d’Oussama Ben Laden des pays infidèles et soumis aux États-Unis. Toutefois, dans la mesure où les kamikazes sont tous des Marocains, ces attentats révèlent aussi l’existence au Maroc d’un islamisme radical se nourrissant de la pauvreté qui touche notamment une grande partie de la jeunesse — plus de quatre millions de personnes vivent dans des bidonvilles à la périphérie des grandes villes. Si les attentats du 16 mai donnent d’abord lieu à un durcissement de la politique sécuritaire du régime, le pouvoir marocain s’efforce aussi d’intégrer davantage les islamistes modérés.

Dans ce contexte, Mohamed VI réaffirme sa volonté de modernisation de la société marocaine en annonçant, au mois d’octobre 2003, l’adoption d’un nouveau Code de la famille, qui instaure l’égalité de l’homme et de la femme dans le mariage. Soucieux de concilier la modernité et la religion, le roi du Maroc, qui est le « commandeur des croyants », prend soin de légitimer cette réforme du statut de la femme, d’une portée révolutionnaire, en l’enracinant dans la loi islamique. Parmi les mesures les plus importantes de cette réforme figurent la suppression de la tutelle matrimoniale obligeant les femmes à obtenir l’autorisation d’un tuteur mâle pour se marier et l’instauration de droits et d’obligations réciproques pour l’époux et l’épouse, qui succède au principe d’obéissance de la femme à son mari. Si elles sont maintenues, la polygamie et la répudiation sont soumis à un encadrement judiciaire très strict.

Tombouctou

Tombouctou, ville du centre du Mali, située en bordure méridionale du Sahara, au nord de la grande boucle du fleuve Niger.

Économie

Reliée au Niger par des canaux et desservie par le petit port fluvial de Kabara, Tombouctou est le centre régional du commerce du sel et autres produits de première nécessité. Son activité manufacturière est limitée : textiles de coton, articles de cuir et poterie.

Histoire

Tombouctou est probablement fondée à la fin du xie siècle par des nomades touareg. Au début du xive siècle, lorsqu’elle est intégrée à l’empire du Mali, la ville devient un important terminus caravanier transsaharien et un point de distribution pour le commerce le long du haut Niger. Après sa conquête par le puissant Empire songhaï en 1468, elle atteint son apogée comme pôle commercial et religieux. Les marchands y échangent du sel et des étoffes contre de l’or et des esclaves noirs. L’école, aménagée dans la mosquée Sankoré, est encadrée par des tuteurs issus des principales académies islamiques du Proche-Orient. En 1591, des envahisseurs marocains prennent Tombouctou et la ville commence à décliner.

Après l’exploration de René Caillié en 1828 (premier Européen à atteindre la ville), Tombouctou est occupée par les Français en 1893-1894.

Population (1998) : 36 000 habitants.

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